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La colère enfle dans les écoles

Le mouvement de suppression de postes dans l’Education nationale se poursuit et les non remplacements dans les classes se multiplient. Surtout en maternelle et élémentaire. Parents et équipes enseignantes se mobilisent.

16 000 postes seront supprimés dans l’Education nationale à la prochaine rentrée. Même si l’éducation reste le premier budget de l’Etat, elle paie un lourd tribut face aux suppressions de postes. Xavier Darcos, prédécesseur de l’actuel ministre de l’Education Luc Chatel l’avait annoncé, les départs en retraite ne seraient pas remplacés. Depuis 2007, on compte près de 49 700 suppressions de postes. Ecoles élémentaires et maternelles sont les plus touchées puisqu’elles concernent essentiellement des postes de fonctionnaires stagiaires. Une conséquence directe de la réforme de la formation des professeurs. Elle prévoit un recrutement au niveau “master 2” et une formation dispensée par les universités et non plus des IUFM (Instituts de formation des maîtres). Ainsi depuis la rentrée 2010, les jeunes enseignants sont directement affectés en classe et ne font plus partie du volet de remplaçants disponibles.

La situation est devenue ingérable pour les équipes. “Trois choses affolent parents et enseignants : les remplacements longs, les enseignants malades et la durée dans le temps, pointe Benjamin Grandener du Syndicat nation unitaire des instituteurs, professeurs et PEGC (SNUIPP). Chaque école est dans cette situation. Au moins 78 enseignants ne sont pas remplacés chaque jour dans le département et nous n’avons pas encore atteint les pics hivernaux. Tous les remplacements longs ont été affectés. Du coup, il n’y a plus de moyens”.

Hiver oblige, le manque de remplaçants se fait en effet encore plus cruellement sentir, ce qui énerve les parents. “Il y des soucis à Makarenko comme partout ailleurs, poursuit Isabelle Sauvage présidente FCPE des parents d’élèves dans le groupe scolaire. Il n’y a pas de remplacements et pas de nouvelles de l’Inspection académique”. L’inspectrice de l’Éducation nationale de la circonscription n’a d’ailleurs pas répondu à notre demande d’interview.

“Il y a un travail qui ne se fait pas, complète Catherine Hollard, directrice de l’école Vilar où cinq enseignants n’étaient pas remplacés la première semaine de février. C’est du jamais vu. Tout se fait au jour le jour et on tourne parfois avec des classes de 30 élèves. Les équipes s’épuisent et les enfants sont déstabilisés”.

Jeudi 10 février, un mouvement de grève s’est tenu pour protester contre la suppression de postes à la prochaine rentrée alors que les prévisions tablent sur l’arrivée de 62 000 élèves supplémentaires, sur l’Hexagone. Le cortège lyonnais a rassemblé près de 1600 personnes. A l’échelle de l’académie, 62 postes seront supprimés dans le premier degré alors que les effectifs augmentent de 2483 élèves. Sur la commune, les enseignants se mobilisent également. Une assemblée générale de parents et enseignants a eu lieu mardi 15 février dans les locaux de l’école Gagarine (rue Ernest-Renan) en vue d’une grande journée de mobilisation prévue le 22 février. Dossier à suivre...

R.C

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