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Les écoliers lancent une bouteille à la mer

Le 11 décembre, des élèves de CE1 de l’école Makarenko ont eu la chance de pouvoir dialoguer avec l’auteur Hubert Ben Kemoun, à la bibliothèque Marcel et Renée-Roche. 

CHACUN retient son souffle. la lettre écrite par les écoliers pour Hubert Ben Kemoun, glissée quelques jours auparavant, par leur maîtresse, dans une bouteille, va enfin en être extirpée, pour être lue à son destinataire.

La veille, cet écrivain a quitté sa Bretagne où il a élu domicile, pour venir à la rencontre des enfants de Vaulx-en-Velin. S’il lui a fallu seulement quelques heures pour être propulsé, dans le quartier des Verchères, ce sont des heures et des heures de concentration, de relecture, de corrections, d’aller retour entre lui et l’éditeur, qui lui ont permis de venir à bout de ses histoires.

C’est tout cela que l’auteur de cent soixante-quatre livres pour enfants, traduit dans quinze langues, a expliqué, avec simplicité, conviction et beaucoup d’humour, aux écoliers, venus échanger avec lui en cet après-midi de décembre.

Cette rencontre n’est pas tombée comme un cheveu sur la soupe. Elle a été longuement préparée et s’intègre totalement au programme d’apprentissage de la lecture et de l’écriture. En effet, durant plusieurs semaines, les élèves de Pauline Tissier se sont affairés autour des livres d’Hubert Ben Kemoun. la première étape a été la lecture, par les bibliothécaires, de quelques uns de ses albums. a partir de là, de retour en classe, les enfants ont listé une série de questions qu’ils allaient poser à l’auteur. S’inspirant d’un de ses ouvrages, intitulé “les bouteilles à la mer”, il s’agissait ensuite de lui rédiger une lettre. “C’est un travail collectif qui casse un peu le fonctionnement habituel. Les enfants apprennent à travailler en autonomie par petits groupes”, commente l’institutrice.

Désacraliser l’auteur

Dans chaque groupe, un élève s’est porté volontaire pour écrire la lettre, un autre pour la corriger. a l’issue de ce travail rédactionnel, la classe a voté pour choisir le courrier à remettre entre les mains de l’écrivain. Puis, chaque écolier a pris sa plus belle écriture pour finaliser le travail. “L’objectif essentiel est que les enfants réussissent à transcrire les sons en lettres. Il faut prendre en compte les sons de la langue avec laquelle les enfants s’expriment en dehors de l’école, sans stigmatiser leur langue d’origine”, poursuit Pauline Tissier. l’acquisition de l’orthographe va donc venir plus tard.

Hubert Ben Kemoun, s’est plié avec brio au jeu des questions réponses. Bien qu’il accepte, dit-il, avec parcimonie, les rencontres avec ses petits lecteurs, il met un point d’honneur à les rendre dynamiques. “Je suis là pour leur dire que la littérature est vivante. Le but est qu’ils ressortent de cet échange avec encore plus de questions”. En expliquant aux écoliers les différentes étapes de la fabrication d’un livre, il entend désacraliser l’auteur. “On peut oublier le nom d’un auteur, mais un livre vous marque pour toute une vie. Je ne suis pas certain que les petits Vaudais aient beaucoup de livres chez eux. Je crois au travail de citoyen des bibliothèques. Ce sont les fascistes qui les ferment. C’est ici, dans cet endroit que l’on fabrique la paix sociale, l’éducation et la capacité à écouter, à dire j’aime ou je n’aime pas”.

Jeanne Paillard

Photo © Marion Parent

 

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